Présenté le 10 janvier 2018, le conseil scientifique pluridisciplinaire a été conçu pour éclairer la décision politique sur les grands enjeux éducatifs de notre temps, par ses travaux et par ses débats.

Bénédicte Dubois explique les objectifs, les membres, les axes de travail

1. Les objectifs : 

  • Nourrir la réflexion pédagogique en complémentarité avec le Cnesco (conseil national d’évaluation du système scolaire) et les inspections générales, en mettant à la portée de tous, les résultats de la recherche de pointe comme des expérimentations de terrain.
  • Faire des recommandations pour aider l’institution et les professeurs à mieux saisir les mécanismes d’apprentissage des élèves et ainsi mieux répondre à la diversité de leurs profils.
  • Nourrir le contenu des formations initiales et continues des professeurs.
  • Offrir à la communauté éducative les outils pédagogiques plus adaptés à notre temps.

2Les Membres : 

Président : Stanislas DEHAENE, professeur au Collège de France – Chaire de Psychologie cognitive expérimentale.

Secrétaire général : Nelson VALLEJO-GOMEZ, philosophe, attaché principal de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur de France.

21 membres chargés d’éclairer le ministre de l’éducation nationale sur ses décisions en matière de politique publique.

3. Cinq axes de travail :

Il s’agit donc pour le ministre d’initier à « une démarche scientifique dont on doit rappeler qu’elle est inspirée aussi par le doute scientifique en permanence »

1- Evaluation et intervention : Il s’agit de fournir des tests et des évaluations sous forme de jeux qui permettraient de donner aux enseignants les moyens de calibrer l’enseignement et de l’adapter aux situations individuelles de leurs élèves.

2- La formation et les ressources pédagogiques. Pour Stanislas Dehaene, « il y a un minimum de bagages scientifiques que les enseignants devraient maîtriser sur les apprentissages ». L’objectif consiste à élaborer un programme pour la formation initiale mais également un MOOC au service de la formation continue des enseignants

3- Pédagogie et manuel. Il s’agit de définir une sorte de cahier des charges pédagogiques indiquant des recommandations sur la mise en œuvre des programmes afin d’éviter des erreurs par exemple de progression.

4- Handicaps et inégalités. Le conseil envisage de proposer des interventions spécifiques comme l’adaptation des manuels, des examens, des pédagogies pour les enfants qui ont besoin de soutien supplémentaire afin de surmonter des handicaps social, neurologique, sensoriels.

5- Métacognition et confiance en soi. Plus simplement apprendre à apprendre. « Est-il intéressant pour les enfants de se comprendre soi-même, de comprendre comment ils apprennent, de maîtriser les stratégies d’apprentissage qui peuvent par exemple les faire réviser mieux ou leur faire comprendre que le sommeil, c’est important. » Selon Stanislas Dehaene, « Les études internationales montrent qu’il est extrêmement important que l’enfant ne sous-estime pas ses propres capacités ». Le déterminisme social joue un rôle important dans ce mécanisme On constate en effet que « les enfants issus des milieux défavorisés considèrent que l’université ce n’est pas pour eux, que les mathématiques ce n’est pas pour eux. » En conclusion, le président du Conseil scientifique aborde la question de l’expérimentation en milieu scolaire pour vérifier ce qui marche et ce qui ne marche pas. Le conseil scientifique sera en interaction très étroite avec la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la perfomance) qui mettra en place un certain nombre d’expérimentations pour valider ce que l’on croit savoir et tiendra régulièrement des colloques d’information

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